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Actualités

4 août 1920 : jour de l'adoption de l'acte de déclaration d'indépendance de la Cilicie


04.08.2022


Petrosyans

Membres de l'Union nationale arménienne d'Adana, 1920.
Le 4 août 1920, l'Union nationale arménienne d'Adana, les représentants de tous les partis arméniens opérant en Cilicie et les dirigeants des communautés chrétiennes adoptent l'acte de déclaration d'indépendance de la Cilicie.

Selon le document, la Cilicie a été déclarée pays indépendant de la Turquie sous mandat français, doté d'une "administration chrétienne autonome locale". Le but principal de l'adoption du document était d'empêcher le retour du territoire de la Cilicie sous la domination turque.

Les Arméniens de Cilicie, ainsi que d'autres parties des Arméniens occidentaux, avaient été soumis à la déportation et au massacre pendant le génocide. La défaite de l'Empire ottoman lors de la Première Guerre mondiale, l'entrée des troupes françaises sur le territoire de la Cilicie et l'établissement de l'administration française permettent à de nombreux Arméniens de Cilicie, rescapés du génocide, de retourner dans leur patrie. Les Arméniens rapatriés de Cilicie essaient de s’organiser et de restaurer la vie normale menée avant le génocide. Les Arméniens nourrissaient l'espoir d'inclure la Cilicie dans le futur État arménien uni ou de créer une autonomie arménienne sous les auspices communs de la France. Cependant, le mouvement kémaliste prend peu à peu de l'ampleur en Asie Mineure, profitant de l'attitude indécise des Français, et lance des attaques armées contre la Cilicie depuis le début 1920. Les Arméniens tentent de créer une barrière contre les actions turques, menant des batailles d'autodéfense à Marache (janvier 1920), Hadjin (février 1920), Aïntap (avril 1920) et d'autres localités.

Au printemps et en été 1920, les dispositions du traité de paix avec la Turquie à signer à Sèvres concernant la Cilicie ont été décrites, selon lesquelles Adana, Sis et Marache devaient être rendus à la Turquie.

Les partis et établissements arméniens opérant en Cilicie répondent à ces processus en déclarant l'indépendance de la Cilicie.

Après l'adoption de l'acte, un Conseil extraordinaire œcuménique a été créé, dont les représentants ont remis le texte de la déclaration au chef du département français de Cilicie, le colonel Édouard Brémond. Le 5 août, le conseil crée un gouvernement provisoire de Cilicie, dirigé par le représentant autorisé de l'Arménie unie en Cilicie, Mihran Tamatian, qui a été le principal initiateur de l'adoption de la déclaration d'indépendance de la Cilicie. Le gouvernement provisoire de Cilicie comprend des représentants des communautés catholique et protestante arménienne, ainsi que des communautés chrétiennes grecque et assyrienne.

Le même jour, le 5 août, des policiers arméniens et des soldats de la Légion arménienne congédient le vali et d'autres responsables turcs du bâtiment du gouvernement d'Adana, assurant l'entrée des membres du gouvernement provisoire. Un peu plus tard, les représentants des autorités militaires françaises se sont rendus à la maison du gouverneur et ont exigé que Mihran Tamatian et d'autres membres du gouvernement provisoire quittent le bâtiment.

Toutes les affirmations de Tamatian selon lesquelles leurs actions ne sont pas contre les intérêts français sont ignorées. Après que Tamatian ait résolument refusé de s’obéir à l'ordre des Français, le colonel Brémond lui-même arrive dans le bâtiment accompagné de forces militaires, qui, après avoir reçu la même réponse négative de Tamatian, l'emmènent ainsi que d'autres membres du gouvernement provisoire de Cilicie hors du gouvernement faisant recours à la force.

Un couvre-feu est annoncé à Adana, les manifestations et les rassemblements sont interdits. Les autorités françaises n'ont pas arrêté Tamatian, mais ont rompu les liens avec les organisations sociales et politiques arméniennes, ne reconnaissant que les structures ecclésiastiques arméniennes comme le seul organe officiel représentant le peuple arménien.

Après le 5 août, le gouvernement provisoire convoque plusieurs réunions, sans prendre aucune mesure concrète. Lors des séances des 6 et 7 août, le corps décide de : a) garder calme et ne causer aucun incident avec les Français et b) gagner la sympathie et la confiance des autorités françaises. Après avoir adopté cette décision, le corps est de facto dissous. En l'automne 1920, les autorités françaises dissolvent l'Union nationale arménienne d'Adana, les forces de la Légion arménienne, et déportent également des centaines de personnalités arméniennes "provocatrices" de Cilicie, obligeant les Arméniens de Cilicie à attendre en silence et à se résigner aux décisions concernant leur avenir.

Le traité de Sèvres signé le 10 août 1920 est rejeté par le gouvernement kémaliste de Turquie. Reculant devant les attaques des kémalistes, les Français doivent finalement céder à leurs revendications. Le 20 octobre 1921, un traité franco-turc séparé est signé à Ankara, par lequel le territoire de la Cilicie et du nord de la Mésopotamie, à l'exception du sandjak d’Alexandrette, est finalement remis à la Turquie kémaliste. Avec les troupes françaises quittant la Cilicie, les populations arméniennes et chrétiennes quittent également la région. La Cilicie se vide des Arméniens.

L'acte de la déclaration d'indépendance de la Cilicie du 4 août 1920 est l'un des épisodes mémorables de la lutte des Arméniens de Cilicie pour la réalisation du droit de vivre dans leur patrie dans les conditions des actions génocidaires anti-arméniennes des Kémalistes. Cela peut et doit être considéré comme faisant partie de la résistance arménienne et des actions d'autodéfense pendant le génocide des Arméniens, digne de l'attention des chercheurs et du grand public.

Nous présentons ci-dessous le texte intégral de l'acte du 4 août déclarant l'indépendance de la Cilicie. Le document original est en français, il existe plusieurs versions de sa traduction en arménien occidental. Nous avons utilisé la version avec une orthographe moderne présentée dans l'ouvrage de Ch. Torossian "Les mouvements de libération nationale des Arméniens de Cilicie en 1919-1920" (pages 245-249) avec certaines corrections.

Nous, soussignés, représentants de droit de la communauté chrétienne de Cilicie déclarons :

Soulignant que pendant la Grande Guerre la Cilicie a été occupée par les forces alliées et était sous obédience française pendant toute la période de l’armistice,

Soulignant que pendant toute cette période les turcs n’ont cessé de faire la guerre et créer le chaos dans le pays par la mort, la destruction, les massacres violant ainsi leurs obligations en temps d’armistice militaire,

Soulignant que leur comportement a coûté la vie à des dizaines de milliers de nos frères en religion et le sang français a également coulé aux côtés de nos martyrs,

Soulignant que même au matin du jour où la paix a été conclue avec la Turquie, nombre de nos villes se sont trouvées menacées – en blocus, soit sous le tir des hordes avides de sang agissant sous l’œil bienveillant des autorités turques qui se tiennent en retrait et sont éternellement incapables de prévenir de telles sauvageries et attaques si, seulement, on pouvait supposer qu’elles le veuillent,

Soulignant que même dans les conditions d’un armistice total dans cette région, nous devrons continuer à vivre longtemps au nom de cette paix mais dans des conditions de guerre à laquelle il n’y aura pas de fin, la communauté chrétienne se doit de soutenir l’occupation militaire et les actions des forces héroïques françaises, attitude profitable également pour le succès des forces françaises,

Soulignant que même en ce moment où nous préparons le texte de notre Déclaration, les balles des dirigeants précédents de cette terre volent au-dessus de nos têtes et Tarson et Mersine sont dans la même situation, Soulignant qu’il est incroyable qu’une paix signée dans un autre pays serve d’alibi à une telle situation,

Soulignant que 275 000 chrétiens de Cilicie, fidèles à leurs croyances, leurs intérêts, en aversion envers les turcs et bienveillants vis-à-vis de la France, ne voulant pas revivre les souvenirs effrayants d’un passé maudit fait de pogroms, déportations, pillage, viol, humiliation, honte, sont fiers d’avoir pu résister à tous ces traitements qu’aurait pu lui épargner un renoncement à ses valeurs,

Soulignant que la communauté chrétienne de Cilicie, s’adressant aux commissions américaines et aux autorités françaises, a toujours clamé ne vouloir en aucun cas un retour de la domination turque,

Soulignant en particulier que cette communauté a plus d’une fois adressé des mémorandum aux pays de l’Entente et de la Conférence de paix, les 31 mars et 15 mai, dans lesquels elle donne à comprendre qu’elle ne permettra pas de demi-mesures ou des décisions inapplicables et qu’elle est farouchement opposée à cet accord de paix qui scinde la Cilicie– entité unique: historiquement , ethnographiquement, militairement et économiquement – de façon inique en deux parties: sous protectorat français d’une part et la seconde transformée en province turque.

Soulignant que les peuples qu’elle représente, après l’attente confiante d’une résolution juste de la part des Alliés, ressentiront une amère déception si les décisions finales de la Conférence de Paix ne satisferont pas leurs revendications légitimes et leurs espoirs ultimes et si les signataires du Traité n’auront pas su satisfaire les attentes des peuples qui leur ont donné leur confiance, alors ils se soulèveront tous contre cette monstrueuse machination,

Soulignant que jusqu’à cette dernière minute aucune confirmation affirmant que leurs exigences aient été prises en compte, ils se trouvent dans une situation d’extrême incertitude,

Soulignant que la complication de la situation actuelle et l’anarchie régnante résultent de l’inertie des autorités turques locales, il n’y a à l’heure actuelle qu’un gouvernement réel capable de rétablir respect et confiance et sauver le pays de l’anarchie et du chaos.

Pour toutes ces raisons, déjà évoquées plus haut dans nos deux mémorandums datés des 31 mars et 25 mai, nous nous appuyons sur les droits fondamentaux des peuples – déterminer notre destin, nos droits que la Révolution française a posé en tant que principes fondamentaux et incontestables,

Nous déclarons solennellement : à partir de ce jour la Cilicie devient un pays libre, totalement indépendante de la Turquie, dotée d’un gouvernement local chrétien souverain sous protectorat français. Cette partition des terres de Cilicie de l’ancien Empire ottoman est totale et définitive de même que celles de l’Arménie, la Syrie, la Palestine, la Mésopotamie et l’Arabie.

Pour conquérir et conserver cette indépendance, chasser l’ennemi hors de nos terres et sauver nos villes et nos régions occupées, pour libérer nos frères-chrétiens de leur gueule nous sommes prêts à tous les sacrifices, nous mettrons à la disposition de la France qui nous soutient toute la force vive de nos peuples.

Peuples chrétiens, religions, communautés – nous sommes tous unis autour d’un but sacré.

Nous devons œuvrer ensemble pour un épanouissement moral, culturel et économique de ce pays sous protectorat français. Nous espérons façonner la Cilicie à l’image de l’Europe, en faire un nouveau centre de civilisation, de développement dans lequel les peuples islamiques éparpillés pourront jouir des bienfaits de la liberté, du progrès et des garanties qu’ils ne connaissaient pas sous la gouvernance turque et béniront le jour où ils s’en débarrasseront ».

La liberté sous protectorat français est l’unique garantie à la survie des chrétiens de cette région. Nous préférons mourir plutôt qu’opter pour une autre solution.

Nous sommes persuadés que la France généreuse et chevaleresque, défenseur traditionnel des chrétiens d’Orient, doit non seulement apprécier notre juste demande d’équité mais également reconnaître notre indépendance en la mettant sous sa protection.

Vive la Cilicie indépendante!
Vive la France – protectrice de la Cilicie!

4 août 1920

Signatures :

M. Tamatian : représentant d’une Arménie reconstituée
G. archimandrite Arslanian : responsable des Arméniens d’Adana
H. F. Keklikian : leader des Arméniens catholiques
Dr Mnatsakanian : président de l’Union nationale arménienne
V. Jamkotchian : secrétaire de l’Union nationale arménienne
A. Simeonoghlou, Dr Tch. Tapeitis et Parpour : délégués de la communauté grecque
Jean : président du Comité national assyrien orthodoxe
Toufenktchi : vicaire patriarcal des Chaldéens catholiques
Père Filipos : vicaire patriarcal des Syriens catholiques




Robert Tatoyan
Chercheur principal du Département d'études des sources du MIGA, Ph.D.


Littérature utilisée

1. Avétis Eapoudjian, La lutte pour l'indépendance du peuple arménien en Cilicie en 1919-1921 (Caire, 1977).
2. Biouzand Eghiaïan, Histoire arménienne d'Adana. Historiographique, bibliographique, libératrice, culturelle, ethnographique, documentaire, chronologique (Antilias, 1970).
3. Ch. T. Torossian, Les mouvements de libération nationale des Arméniens de Cilicie en 1919-1920 (Erevan, Maison d'édition YSU, 1987).
4. R. G. Sahakian, Relations franco-turques et Cilicie 1919-1921 (Erevan, Maison d’édition de l’ANS, 1970).






Le numéro 20 de l’août 1920 du journal "Arev" publié à Alexandrie,
intitulé "Mémoire historique des Arméniens de Cilicie".



Représentant plénipotentiaire d'Arménie reconstituée en Cilicie, chef du gouvernement provisoire de Cilicie, Mihran Tamatian



Chef du département français en Cilicie, le colonel Édouard Brémond


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